lundi 15 avril 2013

La génèse



L’ESPACE DE LA MEDITERRANEE

La Méditerranée qui s’est crue, autrefois, le monde entier, est un espace chargé de temps et de symboles. En tant que source de la civilisation européenne et occidental, lieu de naissance des trois religions monothéistes, il arrive que son image soit retenue dans des stéréotypes du passé. Nous voulons au contraire faire de la tradition une source originaire et originale à laquelle puiser pour donner du souffle au présent. Et justement aujourd’hui cet espace, traversé, investi par la frontière entre Occident et monde islamique, est une ligne sensible de l’équilibre géopolitique. C’est donc d’autant plus opportun d’investir le nord et le sud de la Méditerranée d’un projet de connaissance et de rencontre. Le mot rencontre - en latin « incontro » : « in » - aller vers - et « contro » -ce qu’on a en face - nous suggère d’aller vers les voisins d’en face, vers leurs religions, leurs civilisations, leurs cultures, leurs musiques et leurs langues. Et la rencontre des êtres va être à l’image de la rencontre des mers et des eaux...

LE TEMPS DU VOYAGE

C’est le voyage qui donne à ce projet la dimension du temps, la force de la recherche des influences, dans les récits, dans les thématiques, dans les rythmes.
Il y a le temps réel du voyage, avec ses étapes, ses tâches, ses rencontres, ses événements.
Il y a le voyage dans le temps, avec ses stratifications : le passé inscrit dans les sources et les traditions recherchées, le présent des échanges, des événements et en même temps le futur de la création. C’est un temps anachronique.

Et puis il y a le temps symbolique du voyage initiatique, du rituel de transformation: depuis la fuite d’une terre de mal-être, à travers les péripéties de la traversée, jusqu’aux retrouvailles avec une terre d’harmonie. L’idée du voyage, du rituel initiatique, n’arrête pas de nourrir et de donner du souffle au projet. Le voyage est le tout et en même temps il est contenu dans chaque partie, dans chaque étape, dans chaque spectacle, dans chaque récit, dans chaque chanson.
Et alors il a aussi le temps du souffle, souffle de chaque musique, rythme de chaque discours, c’est le temps de la mémoire, de la parole et de la musicalité qui la rendent possible, qui rendent plausible le passage du témoin, la transmission, l’inspire et l’expire du récit.

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